Saison 3 Chapitre 16

CHAPITRE 16

Nous sommes en pleine route spatiale. Mil est allée dormir dans mon lit, je fume un joint aux commandes du vaisseau. La route est plus fréquentée qu'à la normale, toujours des transporteurs sur la droite et quelques navettes sur la gauche. Je pousse les moteurs au maximum, Harch pourrait nous aider à en finir avec l'Ordre, c'est la première étape vers ma prochaine vie, le calme, la musique et la weed. Si je peux me faire Mil, ce sera du bonus. Après un temps assez important à fredonner de vieux tubes des années soixante, soixante-dix, on voit enfin le barrage des douanes. Paco sort de sa grosse sieste : « Ah, on est déjà arrivé.
- Ouais, faut juste passer la douane.
- J'espère qu'ils ne vont pas nous emmerder. », le lézard grille un joint. On rentre dans la structure de contrôle et à la fin du tunnel, un douanier nous fait signe : « Tu nous as porté la poisse, Paco. », le lézard me regarde avec un léger mépris puis me jette un peu de fumée à la gueule : « Ça te dérange de retourner dans ta chambre, je vais essayer de gérer le mec rapidement.
- Non, j'y vais.
- Merci. », le vaisseau est posé sur la plate-forme et j'ouvre le sas au douanier. Le reptile rentre avec son fusil entre les pattes : « Salutation.
- Salut.
- Simple contrôle de routine.
- Il n'y a pas de problème.
- Que venez-vous faire ici ?
- Je viens voir un ami qui vient d'être expulsé.
- Expulsé ?
- De la première planète.
- On est pas expulsé, on est ré-orienté, monsieur.
- Ouais...
- Vous avez les documents de... », je lui donne toutes les autorisations et preuves de ma bonne foi, certaines sont fausses, d'autres non : « Vous êtes parmi nous depuis quelques temps, monsieur Mocco. Vous devriez savoir comment se passe le transfert d'habitants. La prochaine fois, ne vous trompez plus de mot. Nous sommes très pointilleux, nous les Valmériens.
- Pardon, j'ai encore quelques principes à apprendre mais croyez bien que l'intégration est une de mes plus grandes pré-occupations.
- Si c'est le cas, tondez votre pelage animal. Vous ressemblez à un plat mal préparé. Si vous vous promeniez nu sur la troisième planète, un chasseur ne ferait pas la différence entre vous et le reste de la faune.
- C'est noté.
- Bon, circulez. », le gars se casse et je décolle en trombe. Paco sort de sa cachette : « Ben, ça a été.
- Ouais. Il m'a conseillé de me raser le crâne.
- Ah, pourquoi ?
- Parce que je lui donnais faim. », le lézard se marre, pas moi. Je prends son pétard déjà allumé et tire une jolie bouffée. Je suis face à la réalité et ça me fait chier de ne pas m'être trompé, la région est dans sa période de nuit. Cela doit faire quelques temps qu'ils sont dans le noir et Harch ne va certainement pas nous accueillir avec une liqueur fraîche. Le troisième dôme n'est plus très loin et quand j'écrase le pétard du bout de ma botte, nous sommes déjà en train de traverser la bulle protectrice du parking. La seule lumière dans le coin est celle délimitant les routes. Le dôme ne se démarque que faiblement de l'environnement. On devine quelques dalles jaunes, certainement grâce à de faibles et très ponctuelles lampes à binolium éparpillées dans la ville. Mil veut venir avec nous, je lui dis que c'est une mauvaise idée mais elle insiste et Paco finit par me convaincre en me montrant son bras mécanique : « Je suis là et ça lui fera sûrement du bien, Sal. », on sort de l'appareil, l'air est toujours aussi crade, comme un coulis de poussière chaude. Le sas principal de la ville s'ouvre sur notre passage, personne ne nous dit un mot. Je me demande comment font les locaux, on ne voit strictement rien et à plusieurs reprises je suis surpris d'entendre de fortes respirations tout à côté de mon oreille s'évanouir un peu plus loin. Nous ne sommes pas seuls dans la rue : « Vous y voyez quelque chose ?
- Ça va, répond Paco.
- Pas vraiment, murmure Mil.
- Paco, tu veux bien nous amener chez Harch, je vois pas le bout de mes pompes.
- Ça marche. », je suis la lourde et bruyante marche du lézard, Mil est à côté de moi. Je ne sais pas encore comment nous allons aborder notre ami, d'une certaine façon je préférerai qu'il soit déjà mort pour fouiller dans ses affaires sans avoir à me taper un autre dégénéré. Mais, objectivement, il vaudrait mieux qu'il soit vivant, l'Ordre a l'air de savoir faire disparaître les indices. Dans tous les cas, ce qu'on s'apprête à faire est moche, il n'y a aucun doute à avoir là-dessus. Au loin, je vois une lumière bleue, elle passe à côté de nous et continue son chemin derrière, je crois reconnaître le casque d'un minier avec sa frontale. Après quelques minutes de marche, une puissante lumière vient apporter un peu de réconfort visuel à la rue, sans surprise, cette dernière vient d'un bar posé à notre gauche. Il est rempli de reptiles gueulant et s'étouffant de liqueurs sèches. Malheureusement, ce n'est même pas le plus effrayant... A l'extérieur, profitant des seules lumières du coin, se regroupent ceux ne pouvant payer l'entrée, ils se poussent les uns les autres ; quelques bouteilles de liqueurs trafiquées circulent : « On avance, j'ai pas envie de rester dans les parages.
- C'est ce qu'on fait, Sal, on avance.
- Ouais mais bouge ton cul. », il faut avancer dans des rues de moins en moins importantes et le trajet s'éternise. A chacun de mes pas, je me demande s'il ne vaudrait mieux pas repartir pour aller s'écraser sur la troisième planète... Paco s'arrête : « On y est. On fait quoi ?
- Tape à la porte. », les fenêtres laissent passer une lumière bleue qui éclaire le porche. Une voix reptilienne sort d'un haut-parleur installé au-dessus de nos têtes : « C'est pour quoi ?
- Salut, on est des amis de Yss, il nous a dit que tu pourrais nous aider à trouver un peu de... Tu vois.
- Yss ? Connais pas.
- Un cuistot, il a un restaurant sur la première planète. », un lourd silence puis Mil prend la parole : « Il serait impoli de nous laisser dehors, nous venons de faire un très long trajet. », je regarde Mil avec les yeux de l'hôte gêné, démonstratif mais non sans un soupçon de sollicitude. Cependant, le sas s'ouvre et Harch nous prie d'entrer en vitesse. Paco et Mil rentrent en premiers, je ne regarde même pas le boule de la gsène, mon regard se perd dans cette masse informe qu'elle représente : a t-elle une sorte d'aura magnétique ? A t-elle réussi à faire ouvrir le sas grâce à sa douce voix de sirène ? Peut-être qu'Harch est juste très à cheval avec la politesse. Je n'aime pas être dans le faux, j'ai l'impression de devoir être encore plus attentif à mon environnement : les ombres, le pouvoir de Mil, l'Ordre, la weed, tout me pousse à palper sans jamais me reposer sur ce que je pense être réel. Il se trame trop de choses autour de moi, j'allume un joint et entre dans la maison. L'intérieur est sobrement décoré mais on note quand même une certaine harmonie dans la spatialisation de la pièce, les différentes lampes, violettes, bleues, semblent ravir Paco, nous restons debout et Harch ne tarde pas à m’interpeller : « Bon, il vous faut quoi exactement ?
- Paco, chope-le, on a pas le temps. », le lézard plaque Harch au sol, la victime pousse un cri d'horreur au contact du bras mécanique : « C'est simple, on veut juste savoir ce que tu sais sur l'Ordre.
- Mais... – je remarque que le reptile a les larmes aux yeux – Ne me faites pas de mal ! Je vais tout vous dire ! Mais...
- Mais quoi ?
- Je vous en prie, ne dîtes pas que c'est moi qui vous ai mis au courant. Ils me tueraient !
- Ouais, on dira rien. », Paco se lève brusquement en laissant Harch libre au sol : « Putain, Sal ! Il s'est pissé dessus, c'est dégueulasse.
- Je suis désolé...
- Je tiens pas un mec badigeonné de pisse.
- De toutes les façons, je ne vais pas fuir. », Paco me regarde, indigné, et je lui fais signe que c'est bon, le gars est terrorisé, son pantalon vert pâle est salement trempé : « Je ne veux pas d'histoires... Je pique juste un peu de binolium et j'en vends pour ne pas devoir aller à la mine, c'est tout. Je ne fais rien de mal. Vous feriez pareil si on vous demandez d'aller dans un affreux trou, entouré de fous !
- Ouais, ça se comprend. », si le gars se pisse dessus à la moindre merde... La vie sur la seconde planète ne doit pas être des plus faciles pour lui. Les miniers sont les pires créatures imaginables, peut-être pires que Paco : « Bon, l'Ordre... Je leur ai vendu du binolium rouge, ils en ont pris énormément, ça m'a demandé beaucoup de travail. Je ne sais pas grand chose de plus... Mais quand je leur ai apporté leur marchandise, on s'est retrouvé au nord du dôme, dans une zone déserte. Ils ont tout mis dans de grands transporteurs et ils n'allaient pas vers la première planète, ils sont partis à l'opposé.
- Et alors ? s'impatiente Paco.
- C'étaient vraiment de grands transporteurs... Pour de très longues distances.
- Une station isolée ?
- Peut-être mais à cette époque la troisième planète était pile dans la direction qu'ils ont prise. C'était peut-être une coïncidence mais... Je ne sais pas.
- Mouais... C'est quoi le binolium rouge ?
- Ce n'est pas beaucoup demandé, il est le plus énergétique des binoliums mais est très instable. Le gouvernement Valmérien l'utilise à très petite dose pour les boucliers de navettes officielles. Ça demande beaucoup de moyens pour réussir à le stabiliser.
- On l'utilise pour rien d'autre ?
- Je ne vois pas, non. Désolé. L'Ordre m'a vraiment demandé une quantité énorme.
- Ouais...
- Les gens qui m'ont payé étaient des gsènes très sympathiques.
- Des gros tas de merde visqueuse ?
- Ils étaient mous, oui. », je rappelle au Valmérien qu'il ne doit absolument pas parler de notre venue et il me désigne rapidement la tache sur son pantalon en me disant qu'il n'a aucun intérêt à gérer la situation autrement. Nous sortons et retrouvons la nuit hostile, Harch ferme le sas derrière nous. La faible lumière de la cahute nous invite à faire le point sur la situation : « Je crois pas qu'ils soient postés sur une station isolée... Il y a trop de risques de se retrouver à un moment donné près d'un point de contrôle radar Valmérien.
- Tu penses à la troisième planète ?, balance Paco.
- Ouais. Ce serait le meilleur plan.
- Ça va faire une sacré trotte. », je m'allume un joint et invite la troupe à rejoindre le vaisseau sans tarder, Mil m'attrape l'épaule : « Attendez, j'aimerais boire un verre d'abord.
- Un verre ? Tu veux aller dans une cage remplie de crocos affamés ? Putain !
- Sal a raison, ça craint pas mal ici.
- J'en ai marre de bouger tout le temps, j'ai besoin d'un peu de stabilité, juste un verre et on repart, promis ! », ses yeux noirs renforcent son discours, je suis surpris de la voir m'adresser un léger sourire. Sa bouche est entrouverte, sa main sur mon épaule, elle murmure encore quelques mots mais je n'arrive plus qu'à saisir sa magnificence, les lampes de Harch s'éteignent et nous nous retrouvons à nouveau dans la plus totale obscurité : « Bon, juste un verre alors, ça te va Paco ?
- Euh... Oui, oui – surpris par mon attention. », Mil nous traîne jusqu'au bar devant lequel nous étions passés peu de temps avant. Il doit y avoir une cinquantaine de lézards à l'intérieur et une autre cinquantaine postée le plus près possible des lampes à l'extérieur. On nous demande de payer l'entrée et nous le faisons rapidement pour ne pas susciter trop de convoitise dans cette zone de frustrations et de regrets. L'ambiance est plutôt conviviale, on nous regarde étrangement mais ils ont l'air plus amusé qu'autre chose. Les lampes doivent y être pour beaucoup. On nous refile trois verres et nous trinquons à un avenir plus lumineux. Je finis de griller mon pétard et en allume un nouveau que je ne tarde pas à refiler à Paco. En regardant autour de nous, je commence à sortir d'un brouillard que je n'avais pas perçu jusque là, nous sommes encerclés par une bande de reptiles défoncés à la liqueur, je n'ai plus d'arme et nous sommes pourchassés par une secte de gsènes en colère. Au fond, une ombre sort d'un coin et vient se placer au centre de la pièce, elle reste là et commence à grouiller, comme une flaque de pétrole bouillante. L'anomalie prend de la hauteur de façon organique et le volume formé me dévisage, malgré le vacarme, je l'entends clairement : « Avez-vous brisé ces bocaux ? Êtes-vous responsable ? », un Valmérien passe au travers et l'ombre éclate, disparaissant ici et là. Que fait-on ici ? Il faut retourner au vaisseau, Mil n'est plus avec nous, Paco, joint au bec et liqueur à la main : « Ça va, Sal ?
- Elle est passée où ?
- Je sais pas, je crois qu'elle est allée pisser. », je me précipite aux chiottes, cette pute m'a ensorcelé, on a rien à faire ici, on l'embarque et on se casse. Rappelle toi de ça : on l'embarque et on se casse. C'est fini les manigances gsènes. Les chiottes sont vides, il n'y a qu'un lézard vomissant une mélasse brune. Je rejoins Paco et lui dit qu'on doit la retrouver et se casser, il approuve en finissant sa liqueur. En sortant du bar, je croise une multitude de pupilles dilatées par la rage, comment ai-je pu m'approcher d'un tel endroit ? Cette fille est dangereuse, peut-être qu'on ferait mieux de l'abandonner. Après tout, à quoi nous sert-elle ? Baiser n'est plus une priorité. J'avance timidement dans l'obscurité, Paco est derrière, il envoie chier des gars qui lui demandent du fric. Je ne fais pas attention et m'éloigne rapidement : cet endroit est trop dangereux. Au moment où je m'apprête à gueuler contre Paco, histoire qu'il se ramène, un son me percute le crâne. C'est Mil, elle terrifie la ville de cris suraigus. Mes jambes partent toutes seules et je cours dans le noir. Je percute deux murs avant d'arriver dans une ruelle faiblement éclairée par le voisinage. Mil est allongée, deux Valmériens la tiennent, un troisième commence à enlever son futal. Je suis paralysé, Paco ne m'a pas suivi et je serais incapable de retrouver le bar pour ramener le lézard-robot. Ces reptiles ont l'air furax. Où est passé le putain de magnétisme de la gsène ? Elle peut me faire dormir dans un enclot à dinosaures affamés mais elle ne peut pas empêcher trois gars de lui péter le cul ? Bordel de merde... Le gars qui est sur elle déchire complètement la robe verte et commence à se branler. Quand il arrive à une gaule respectable, il utilise son autre main pour écarter les jambes de Mil. La gsène comprend soudain que je suis là : « Sal ! Ils... – un des lézards lui plaque ses griffes sur la gueule. », le chanceux se tourne vers moi et sa bite commence à mollir : « Et alors, tu mattes ? ». Mes mains tremblent, j'ai l'air d'une sombre merde : « Arrêtez les gars. C'est con...
- Typiquement gsène ça... Vous venez chez nous et ça en finit pas de nous dire ce qu'on doit faire...
- Qu'on soit gsène ou qu'on...
- Et ça ne s'arrête jamais ! Sauf qu'ici... C'est con, hein... Mais ici, tant que je pioche dans leurs putains de cailloux, on m'emmerde pas. Je pourrais juste vous bouffer tous les deux. Personne me dirait rien.
- Arrêtez les gars...
- Mais on va juste se faire la petite. C'est tout. On le mérite, crois-moi – derrière, un des deux lézards profite de notre discussion pour foutre une griffe profond.
- J'ai un flingue, arrêtez les gars... – Mil se tortille.
- T'as un flingue ? – le gars se rapproche de moi et sa bite commence étrangement à se redresser.
- Arrêtez, merde.
- T'as un flingue ? – sa bite menace maintenant de toucher mes mains tristement vides – T'as un flingue, le gsène ?
- Non... Mais faites pas ça – le gars, derrière, agite son doigt comme un sale taré.
- Tu préfères y passer ? Tu préfères qu'on se fasse ton cul ? T'as un trou du cul, le gsène ?
- Non mais...
- T'as un trou du cul ? », je recule et le mec se marre. Il m'adresse une tape sur l'épaule et retourne vers Mil. En voyant son pote au boulot : « Oh ! Fam ! Tu permets ? Putain... Tu passes après !
- C'est toujours toi qui...
- Ouais et y a une raison. ». Le gars y va et Mil commence à chialer. Je reste là, comme un con. Je ne cherche même pas à partir. Qu'est-ce que je pourrais faire ? Où est Paco ? Le temps que j'aille le chercher... Au hasard dans l'obscurité... Je n'ose même pas crier son nom. Je ne peux que constater l'infériorité de ma stupide espèce. L'objet de tous mes fantasmes est abîmé par trois crocodiles... Ils finissent par tous passer dessus et mes mains tremblent toujours. Quand ils décident enfin de partir, je m'approche de Mil et un des lézards – maintenant dans mon dos – me lance : « Tu peux y aller mais on te la tiendra pas. », à ce moment là, j'entends un bruit sourd et comprends que Paco vient d'arriver. Je n'assiste pas au spectacle, Mil est trop préoccupante : ses yeux sont fermés, son visage recouvert de larmes, ses seins tombants sur le côté, ses jambes serrées et ses mains jointes. Elle se recroqueville et laisse apparaître une flaque de sang et de sperme reptilien. Le bleu et le jaune se mélangent à moitié. Le robot-lézard attrape Mil et la prend sur son épaule. On rejoint rapidement le vaisseau. Je démarre les machines et attrape une route spatiale. Il faudra l'emprunter quelques temps puis s'arracher du réseau pour foncer vers la troisième planète. « Il ne faut pas oublier le brouilleur, marmonné-je.
- Hein ?
- Non rien. », Paco a installé Mil dans son lit et est maintenant assis à côté de moi. Le silence est plus violent qu'autre chose : « J'ai rien pu faire. Ils l'ont saccagé.
- Ils auraient pu vous tuer tous les deux. Faut...
- Bordel de merde, j'ai rien pu faire.
- Je sais, mec. Mil m'a dit que ça allait, elle veut juste se reposer.
- Que ça allait ? Bordel de merde, putain... Mec, ils l'ont défoncée... C'était affreux.
- T'inquiète pas... Elle va bien, elle me l'a dit.
- Arrête, elle s'est fait déboîter, elle peut dire ce qu'elle veut. T'étais où ? Bordel !
- Elle va bien...
- « Elle va bien ! », ta gueule, mec – je détourne le regard.
- Pourquoi avez-vous cassé ces bocaux ?
- Quoi ?!
- Je dis que vous auriez pu y passer tous les deux ! », la voix était celle de Paco, j'en suis certain. Je tire un peu sur le joint et le rend à notre sauveur. Les ombres sont autour de nous, la troisième planète est encore loin.

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